• Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Archives

Archive pour novembre 2011

Secondes…

J’égrenne les secondes pesantes et déprimantes qui s’offrent à moi en ce moment…

Tu vas mal, toi mon p’tit lou qui grandis… Tu me demandes implicitement cette présence constante que je ne peux avoir, que j’ai pourtant au rythme des secondes qui s’écoulent au fil de la journée, des jours qui passent.

Je suis allée voir cette femme pour toi, je lui ai déballée des tranches de vie dont je ne suis pas fière (car je n’ai pas toujours été cette maman attentive que j’essaie d’être aujourd »hui)… C’est dur mon lou, tu ne peux pas savoir aujourd’hui, et tant mieux. Peut-être ne sauras-tu jamais ce que c’est que d’emmener son enfant voir « quelqu’un » comme on dit… C’est dur de ne pas se sentir suffisamment forte et suffisamment perspicace pour ne pas y arriver seule. C’est dur de se dire que je te colle cette étiquette d’enfant fragile alors que je pense que tu as tant de ressources à exploiter… que je le SAIS.

Alors mon lou, tu vois, je te dédies ce billet, court c’est certain, pour te dire à quel point je t’aime, à quel point mon coeur de maman a mal de te savoir mal… Je sais que tu luttes et je sais que tu vas y arriver, je vais t’aider comme je peux. Et puis je suis là, mais ça je pense que tu as compris.

Voilà mon p’tit père, peut-être un jour liras-tu ces lignes… peut-être pas, mais moi, j’avais besoin de les poser.

Je suis fière de toi, fière de ta soeur, fière de vous deux.



Pression

Je suis sous pression… Depuis un moment je vis sous pression… Pression professionnelle parce que je ne sais pas de quoi demain sera fait ! Et cela est brutal et terriblement déstabilisant.

 

Je voudrais que les gens autour de moi soient davantage sensibilisés, qu’ils aillent tous signer la pétition, cette pétition : http://bit.ly/nfRDxI (oui je sais c’est pas si simple !).

C’est peut-être bête à dire, mais je ne me sens pas seule dans ce combat… Ce danger, cette menace me donne encore plus de rage dans mon travail, que je vis chaque jour depuis quelque temps en me disant que je ne sais pas combien de temps encore je peux me démener pour mes patients.

Parce que c’est aussi de ça qu’il s’agit.

Bien sûr je me fais un sang d’encre pour ma vie… Si jamais tout ça passe je suis quasiment sûre de perdre mon job…

Mais si tout ça passe je sais aussi qu’il va rester des tas d’enfants « dys » sur le carreau… Des tas d’enfants au handicap reconnu qui ne seront plus défendus parce que nous ne serons plus là pour expliquer leur handicap tenter de le faire comprendre.

Ce soir j’ai peur, tous les jours je me lève la peur au ventre… Tous les jours je tente de préparer davantage mes patients pour qu’ils puissent se défendre.

Je suis flippée… pas résignée, mais flippée.

 

 

 

 



Les plumes de l’année – Lettre J…

 

machinebrouillons1.jpg

Revoilà les Plumes d’Asphodèle avec la lettre J. De quoi s’amuser un peu…

Et ma petite production !…

Jusant– jaspiner– juron – jubiler – jacquard – joyeuse – juke-box – jade – jalousie – jokari* – jour – justice – juvénile – jeudi – jouir – jalon – jamais – janotisme – jérémiade – jupe

 

Julia s’était installée dans un coin de ce petit bar chaleureux et parfait à l’atmosphère ouatée. Assise sur un improbable « fauteuil » confectionné maison - deux bouées de sauvetage en guise d’assise et de dossier, savamment molletonnées par des coussins tricotés dans un jacquard marine et blanc, entrelacés par des cordes elles-mêmes nouées suivant des talents marins qui lui restaient inaccessibles -, elle se laissait bercer par le jusant apaisant de l’océan. L’océan… Elle ne savait si elle le haïssait désormais ou s’il exerçait toujours la même fascination sur elle… Elle observa sur la plage ce couple de touristes et leurs enfants alternant des parties de jokari avec une insouciance juvénile qui l’avait quittée depuis déjà si longtemps… La vie – sa vie- en avait décidé ainsi… Mais elle avait échappé à la justice ! … Elle laissa échapper un juron sentant revenir en elle les affres irréfragables  de la jalousie ! Julia était incapable de refouler ces sentiments quand parfois, ils la rattrapaient !

Ce jeudi-là Luc rentrait de voyage d’affaires, il ne lui avait jamais paru si lointain, si distant… Elle avait vainement espéré que cette séparation les rapprocherait, mais elle sentait au plus profond d’elle-même qu’il y avait cette femme, Paloma,  qui s’était subitement immiscée entre eux, un jour, quel jour ? Quand précisément tout avait basculé ? A quel instant précis il avait commencé à lui parler d’elle, de manière récurrente, toujours très protecteur, toujours émerveillé, toujours préoccupé ? Elle ne savait pas, quand … Elle ne saurait jamais. Elle ne savait pas non plus à quel moment précis elle s’était douté de quelque chose… Etait-ce la redondance de ses propos à lui ? Ou bien le fait qu’il jubilait dès qu’il lui parlait d’elle ?

Il n’empêche qu’elle ne s’était pas trompée… Ce jeudi-là, en allant le chercher à l’aéroport, il lui avait effleuré distraitement les cheveux en guise de retrouvailles, rien en somme que de très convenu… Quand elle s’en était plainte – timidement-, il lui avait sèchement répondu : « Déjà des jérémiades !!! ». Paloma était là, belle et souriante, moqueuse et méprisante, dans sa jupe noire fendue à mi-cuisses, divine et terriblement sexy ! Julia s’était confondue en excuses, martyrisée et honteuse, infiniment blessée. Elle n’avait pu s’empêcher d’être traversée par cette image affreuse et lancinante de Paloma alanguie en train de jouir sous la pénétration amoureuse de son mari à elle !

Ils étaient rentrés à la maison, silencieux… Lui était ailleurs, ne lui demandant rien sur ces  derniers jours, rien sur rien en somme, complètement désintéressé. Quand elle l’avait questionné sur son voyage, il lui avait sorti, ce janotisme impitoyable, inacceptable : « Je ne me suis jamais senti aussi bien que dans la villa de Paloma qui est magnifique !!! »… Il laissait donc le doute planer… Ce lâche, ce salaud… il lui avouait à demi-mot son infidélité… C’était insupportable et elle avait organisé l’assassinat ! La justice l’aurait condamnée si elle avait compris ce dont il s’agissait… Elle serait tombée pour meurtre avec préméditation et dissimulation de preuves… Mais elle avait été habile, elle avait soigneusement préparé cette…

Le juke-box se mit soudain en route, la ramenant brutalement à la réalité… Elle entendit cette chanson de Coldplay qui les unissait, Nathan et elle, elle le vit en train de jaspiner avec Fred, le patron du bar, elle vit briller à son doigt la pierre de jade incrustée dans l’or blanc de sa bague, elle se sentit joyeuse, il était son jalon, désormais.



Il faut savoir dire stop… malgré tout.

Voilà ! Tu m’as répondu… Prise au dépourvu parce que je ne t’attendais plus… Parce que je n’attendais pas une carte de ce format, que j’ai d’abord prise pour un faire-part…Venant de qui ? Ca !…

J’ai laissé, non, j’ai caché l’enveloppe dans mon agenda, pour pouvoir l’ouvrir quand je serai tranquille, plus tard dans la soirée. Dans ma tête, il y avait toutes ces pensées qui se bousculaient… « Suis-je prête à affronter le contenu ? », « Je viens d’entreprendre une nouvelle démarche pour aller mieux, parce que vois-tu, depuis ce fameux dimanche, tout n’a été que descente aux enfers… », « je sais que je suis fragile mais je sais que je ne pourrai pas dormir si je n’ouvre pas ! » « Qu’est-ce que j’espère enfin de ces mots écrits sur une carte que je sais soigneusement achetée ? »…

Il s’est passé tout ça… J’ai essayé de t’éloigner un peu, prise par le tourbillon de ma vie.

Et puis le tourbillon s’est calmé.

J’ai pu glisser à « L »‘homme que j’avais de tes nouvelles, mais que je n’avais pas réussi à ouvrir, encore, ce pli qui me remuait.

L’heure est venue où j’ai envoyé ma progéniture au lit… Je leur ai dit, il y a quelques semaines, que nous nous étions éloignées. Ils n’étaient pas ravis, tes marmitons, mais je leur ai expliqué, un peu, que les grandes personnes aussi se fâchaient parfois, ou s’éloignaient, définitivement… Enfin, j’ai essayé d’être au plus près de la réalité, avec des mots faits pour eux… Ils savent que c’est aussi ça, la réalité des adultes (et ça ne doit pas leur faire envie !).

L’heure est venue où j’ai décacheté ta lettre, oh oui, j’ai bien lu ton timbre aussi.

J’ai lu, je t’ai lue, une dernière fois.

Je me suis dit que tu ne m’en voulais pas, enfin pas comme on en veut quand on considère que l’autre est seul responsable, et ça m’a fait du bien.

Je me suis dit que tu étais comme moi, à te dire que l’impasse en était bien une, sans issue donc. Mais pas sans souffrance.

Que quelque part peut-être tu étais soulagée que j’aie pu prendre cette décision, tu m’as dit clairement que ce n’est pas toi qui la prendrais.

Je me suis dit aussi que – une fois encore – on pouvait m’oublier, me zapper, que je ne suis pas indispensable, et tu sais comme ça me fait mal, ce genre de pensée… Mais je sais aussi que tout ça c’est mon problème à moi.

J’ai envie de te dire, juste, que tu m’as prise au dépourvu, que je ne t’attendais plus, mais que je suis heureuse que tu l’aies fait, sans haine ou animosité, en toute intelligence (c’est aussi comme ça que je te connais).

Je me suis dit que c’est dommage, que ça fait mal à nouveau, très mal. Mais que c’est comme ça. Qu’on n’y arrive pas.

Je me dis que tu vas me manquer, mais ça je le savais déjà.

Et puis, il y a tous ces moments partagés que je n’oublierai pas.

Oui, c’est certainement un autre départ pour toi comme pour moi vers ailleurs, où ?… Et je vais avoir mal de ne pas savoir.

Tu as compté, tu sais à quel point.

Je n’oublie rien, je te souhaite tout ce qui peut te rendre heureuse.

Prends soin de toi.

Je t’embrasse.