Les plumes de l’année – Lettre J…

Posté le 5 novembre 2011

 

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Revoilà les Plumes d’Asphodèle avec la lettre J. De quoi s’amuser un peu…

Et ma petite production !…

Jusant– jaspiner– juron – jubiler – jacquard – joyeuse – juke-box – jade – jalousie – jokari* – jour – justice – juvénile – jeudi – jouir – jalon – jamais – janotisme – jérémiade – jupe

 

Julia s’était installée dans un coin de ce petit bar chaleureux et parfait à l’atmosphère ouatée. Assise sur un improbable « fauteuil » confectionné maison - deux bouées de sauvetage en guise d’assise et de dossier, savamment molletonnées par des coussins tricotés dans un jacquard marine et blanc, entrelacés par des cordes elles-mêmes nouées suivant des talents marins qui lui restaient inaccessibles -, elle se laissait bercer par le jusant apaisant de l’océan. L’océan… Elle ne savait si elle le haïssait désormais ou s’il exerçait toujours la même fascination sur elle… Elle observa sur la plage ce couple de touristes et leurs enfants alternant des parties de jokari avec une insouciance juvénile qui l’avait quittée depuis déjà si longtemps… La vie – sa vie- en avait décidé ainsi… Mais elle avait échappé à la justice ! … Elle laissa échapper un juron sentant revenir en elle les affres irréfragables  de la jalousie ! Julia était incapable de refouler ces sentiments quand parfois, ils la rattrapaient !

Ce jeudi-là Luc rentrait de voyage d’affaires, il ne lui avait jamais paru si lointain, si distant… Elle avait vainement espéré que cette séparation les rapprocherait, mais elle sentait au plus profond d’elle-même qu’il y avait cette femme, Paloma,  qui s’était subitement immiscée entre eux, un jour, quel jour ? Quand précisément tout avait basculé ? A quel instant précis il avait commencé à lui parler d’elle, de manière récurrente, toujours très protecteur, toujours émerveillé, toujours préoccupé ? Elle ne savait pas, quand … Elle ne saurait jamais. Elle ne savait pas non plus à quel moment précis elle s’était douté de quelque chose… Etait-ce la redondance de ses propos à lui ? Ou bien le fait qu’il jubilait dès qu’il lui parlait d’elle ?

Il n’empêche qu’elle ne s’était pas trompée… Ce jeudi-là, en allant le chercher à l’aéroport, il lui avait effleuré distraitement les cheveux en guise de retrouvailles, rien en somme que de très convenu… Quand elle s’en était plainte – timidement-, il lui avait sèchement répondu : « Déjà des jérémiades !!! ». Paloma était là, belle et souriante, moqueuse et méprisante, dans sa jupe noire fendue à mi-cuisses, divine et terriblement sexy ! Julia s’était confondue en excuses, martyrisée et honteuse, infiniment blessée. Elle n’avait pu s’empêcher d’être traversée par cette image affreuse et lancinante de Paloma alanguie en train de jouir sous la pénétration amoureuse de son mari à elle !

Ils étaient rentrés à la maison, silencieux… Lui était ailleurs, ne lui demandant rien sur ces  derniers jours, rien sur rien en somme, complètement désintéressé. Quand elle l’avait questionné sur son voyage, il lui avait sorti, ce janotisme impitoyable, inacceptable : « Je ne me suis jamais senti aussi bien que dans la villa de Paloma qui est magnifique !!! »… Il laissait donc le doute planer… Ce lâche, ce salaud… il lui avouait à demi-mot son infidélité… C’était insupportable et elle avait organisé l’assassinat ! La justice l’aurait condamnée si elle avait compris ce dont il s’agissait… Elle serait tombée pour meurtre avec préméditation et dissimulation de preuves… Mais elle avait été habile, elle avait soigneusement préparé cette…

Le juke-box se mit soudain en route, la ramenant brutalement à la réalité… Elle entendit cette chanson de Coldplay qui les unissait, Nathan et elle, elle le vit en train de jaspiner avec Fred, le patron du bar, elle vit briller à son doigt la pierre de jade incrustée dans l’or blanc de sa bague, elle se sentit joyeuse, il était son jalon, désormais.

11 commentaires pour « Les plumes de l’année – Lettre J… »

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    10 novembre, 2011 | 14:20
     

    A tous : merci pour vos commentaires !
    Une suite ? Je ne sais pas… Si l’inspiration est là peut-être…
    Pour répondre plus particulièrement à Soène : bien sûr que non, quand l’amour meurt on ne tue pas (je ne serais pas derrière mon écran sinon !), il s’agit du pouvoir des mots, de la pensée…simplement…
    J’espère vous avoir rassurés tous (ou du moins ceux qui se posaient la question) sur ma santé mentale !

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