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Archive pour la catégorie « Cinéma »

Black Swan, film choc !

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L’histoire : une danseuse étoile qui obtient le rôle du cygne dans le lac des cygnes… Une fiction qui aurait pu être d’une banalité sans borne, mais qui captive par sa démesure psychologique.

On y retrouve la volonté schizophrénique d’atteindre la perfection… Volonté schizophrénique ou schizophrénie pure, qui atteint des sommets de cruauté envers soi-même, envers les autres, qui taquine l’anorexie mentale que l’on retrouve en cliché bien placé chez tant de danseuses étoiles, qui oublie qu’en dehors de la danse il y a d’abord soi, et que ce « soi » est déterminant de la carrière, qu’il est impossible de durer sans préserver cette ouverture à ce que l’on est, à son mental et à son corps… Cette anorexie qui fait détester les proches, cette schizophrénie qui côtoie la paranoïa… Tout aurait pu être lourd et moche, tout est magnifiquement pesé et sublime !

Black Swan, dont je suis sortie à la limite du malaise, car ce film a ce pouvoir de nous projeter entièrement dans la peau de la danseuse, merveilleusement interprétée par Natalie Portman, dont les yeux, les expressions sont aussi équivoques que ses gestes (ce qui malgré la polémique lui vaut le césar…)… Black Swan, qui fait frissonner, qui humidifie le regard, qui me parle à moi dans cette apologie de la perfection du corps…Il n’est pas de mots pour en parler, suffisamment justes et forts, alors, laissez-vous tenter et surtout, dites-moi…



Le discours d’un roi, un film intelligent…

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Tout part d’un handicap : le bégaiement… Le bégaiement vu à travers la vie d’un roi, Georges VI, le père de l’actuelle Reine d’Angleterre Elizabeth II.
Au départ, le décor est planté : le discours que cet homme, alors Duc d’York, doit prononcer devant un public, et tout est là, le silence, les achoppements, la panique, la souffrance, la honte effroyable que l’on sent à travers le personnage (Colin Firth au passage absolument…royal !).

Si, tout au long du film, s’écrit le destin de ce futur roi, la trame de fond décrit l’intime, le combat d’un homme bègue contraint d’évoluer en public. La balance pudique des regards extérieurs, des moqueries incontournables, de la perte de confiance en soi, de l’humour aussi, beaucoup d’humour d’une finesse exquise, les supplices, le découragement parfois, l’envie de renoncer, et puis le destin qui ne laisse pas le choix.

Mais c’est aussi l’histoire d’une belle amitié, profonde, de deux hommes que rien ne pressentait à se rencontrer et qui va se développer, à travers ce handicap, cette amitié entre hommes dont j’ai déjà parlé ici et qui m’émeut, cette amitié franche qui parfois blesse mais qui est nécessaire, cette amitié tout en pudeur et qui accepte tout… Ainsi une scène en particulier a retenu mon attention à ce sujet, dans un décor magnifique sous un smog bien british, des mots dits et qui vont trop loin, l’un des deux qui s’arrête de marcher, qui s’arrête net, les larmes aux yeux (Geoffrey Rush, sublime) et la douleur des mots qu’il vient de se prendre en pleine face, regardant l’autre avancer, bouillant de colère… Larmes dans mes yeux aussi…

La séquence finale, toute en contraste (et que je ne développerai pas pour ceux d’entre vous qui souhaitent aller le voir), est tout aussi magnifique et émouvante.

Envie ce soir de saluer l’immense talent de Tom Hooper, qui a su donner à ce film une humanité sensible, tout en nous offrant un bon cours d’histoire.

A voir, absolument !