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Archive pour la catégorie « Perso… »

Silence

( Perso... )

Le silence a des vertus considérables parfois… C’est si bon un silence vrai, qui ne demande aucune parole, qui parle pour l’autre, qui livre tous les secrets… Oh oui ! Comme je les aime, ces silences-là !

Mais il est des silences pesants, des silences qui me paniquent, quand il s’agit de ceux que l’on n’attend pas, de ceux qui, souvent, proviennent de celui (ou celle) qu’on aime, alors-même qu’il nous a dit qu’il appellerait là, à ce moment ou à un autre, mais qu’il nous donnerait signe de vie.

Oh oui je sais, j’ai un problème avec le silence (si ce n’était le seul !)…

Parce que je suis passionnée de nature (c’est pas nouveau), si je dis quelque chose, je m’y engage et je le fais, quelle que soit la contrainte ! Alors, je suis toujours étonnée quand, au final, les autres (l’autre) fonctionnent différemment ! Peu à peu j’apprends à gérer cette angoisse, à la cerner et à la dédramatiser ! Mais que d’énergie dépensée pour me dire – au final – que là où j’y vois un message (d’abandon, de maladie, etc…), il s’agit juste d’un contretemps, d’un moment passé ailleurs sans que je le sache, de préoccupations qui ne m’ont pas été indiquées pour me préserver…

Parfois, après coup, mais souvent, je me sens en décalage…

C’est grave docteur ???



Huîtres et champagne ! (lettre ouverte à une Amie)

( Perso... )

Les deux années qui ont suivi ma séparation, je suis partie en vacances avec une Amie de longue date, une de celle qui compte plus que  tout…

Lorsque nous nous voyons, il est de tradition de s’offrir une bonne bouteille de champagne, dont nous raffolons, ainsi que d’accompagner ce dernier avec des huîtres et toasts au beurre (salé évidemment !), quelques gouttes de citron et nous voilà au paradis… Car si ces mets sont devenus un rituel que nous apprécions l’une et l’autre, il va sans dire que les discussions vont bon train, et qu’au fil de la soirée, les confidences se font par plus intimes, avec la nuit tombant (et la pétillante gaieté qui va avec !)…

Ainsi, la première année, nous avions loué un mobil-home, tranquilles dans notre coin, nous nous couchions à des heures attendues pour des vacances, partageant tour à tour confidences sur confidences, projets de vie, envies, petits bonheurs et gros malheurs… Soirées pyjama à la trentaine bien passée, si vous voyez ce que je veux dire !

La deuxième année, émoussées que nous étions par l’année précédente, nous avions décidé de rajouter un paramètre à cette semaine de congés, non négligeable puisque nous avions un accès direct à la plage ! Les apéros-repas au champagne-huîtres se déplacèrent sur la plage, à l’heure où les gens la désertent, de préférence ! (bien qu’à marée montante ce ne fût pas si simple, et nous lisions dans le regard des gens envie ou circonspection qui nous faisaient bien rire !)… Il faut bien avouer que ce premier soir sur cette plage, après 12h de route, courses, installation et plongeon dans l’eau salée pour, enfin, se sentir dépaysées, eût un goût particulièrement délicieux… Rires francs quand nous nous aperçûmes que nous n’avions pas tout prévu -difficile de gérer flûtes et eau des huîtres tout en servant les enfants (en repas pour enfants) et en tartinant nos toasts, le paréo de mon amie en guise de nappe improvisée pour que nous ne dégustions pas trop de sable en même temps que le reste… D’autant que la bouteille, bien ballotée par ailleurs, décida de « faire péter son bouchon » bien trop vite, bouchon que les enfants retrouvèrent (triomphants) plusieurs jours plus tard, enfoui dans le sable après des recherches infructueuses (et un tant soi peu arrosées !)… Crise de fou-rire général, un des plus savoureux instants que la vie m’ait donné à vivre….

Alors, pour clore ce billet empreint de légèreté, te dire, ma belle, que notre Amitié a -par-delà le champagne et les huîtres-, l’odeur des moments complices, le bonheur d’être avec toi, la reconnaissance de t’avoir pour Amie et de pouvoir la conserver depuis la soirée étudiante où nous nous sommes connues, et reconnues…

Oui, j’attends impatiemment cette semaine d’avril où nous allons renouveler l’exploit en solo, toi et moi, sur cette île minuscule et ventée, embruns, océan, froid, livres, petites douceurs alimentaires, champagne et huîtres évidemment, et surtout, surtout, discussions interminables sur nous, sur tout…

Tu comptes, je ne te le dis pas assez souvent…



Escapade

( Perso... )

Les vacances de Toussaint vont me permettre d’avoir quelques jours tranquille, sans contrainte, et j’en profite pour faire une escapade au bord de l’océan…

Je m’imagine déjà, me promenant sur une plage, bien emmitouflée, n’ayant rien d’autre à faire que laisser le ressac me bercer, capter les couleurs variées de l’eau, garder en mémoire les reflets du ciel sur la mer, sentir le vent emporter avec lui les maux, m’asseoir et bouquiner… Ces quelques jours vont être l’occasion de lâcher prise, de laisser derrière moi les tracas quotidiens, les épées de Damoclès, de juste être là où je suis sans me projeter dans autre chose que du bonheur…

Il est de ces moments qui, même courts, nous apportent tant d’apaisement que nous aurions tort de ne pas en profiter, de nous les gâcher par des pensées négatives…



Tête de pioche !

( Perso... )

Depuis quelques jours, cette expression revient dans ma vie : « T’es une tête de pioche ! »… « Oui, je sais ! »… telle est ma brillantissime réponse accompagnée d’un large sourire ! Car têtue, je le suis, OUI ! Autant le reconnaître, je suis heureusement dotée de défauts, car ne pas en avoir ressemblerait à un narcissisme lacanien (cf femme psy en extrapolation d’un de ses derniers billets ).

Donc on va dire têtue et heureuse de l’être (enfin pas sûr !)…

Je viens de regarder la définition sur un site connu du web, et je me marre, franchement… Car dans la conscience collective, nous utilisons « têtu » comme un adjectif… Mais j’ignorais que c’était aussi un nom ayant deux autres définitions, dont je vous fais part sans tarder :

têtu /tɛ.ty/ masculin

1. Lourd marteau de fer aciéré, dont une tête est carrée et l’autre pointue, et qui sert à dégrossir les pierres irrégulières.

 2. Nom vulgaire du chabot (poisson à grosse tête, du genre Cottus). Un chabot, c’est ça (non non c’est pas un spermatozoïde, vous y avez pensé, hein, vous aussi, avouez !!!) :        cottusgobio.jpg

Nous pouvons effectivement être têtus pour diverses raisons : par confrontation, opposition, et là c’est plus par principe que par conviction, ce que je faisais plus jeune pour montrer à mes parents que je voulais m’affirmer… Je vous rassure, ça m’a passé depuis !!! Et puis il y a l’entêtement parce que l’on pense avoir raison, que l’on défend une opinion qu’on ne parvient pas à faire entendre… Là, on se retrouve dans une position plus délicate… Il s’agit de faire entendre ses arguments, pas de convaincre mais en général, si je m’obstine, c’est parce que l’autre tente de  »corrompre » mes idées… Impossible, puisque j’ai raison (j’en vois déjà sourire certain(e)s !) !!!

Mais là où je suis tête de pioche, et je le reconnais, c’est quand je persiste à creuser là où je devrais simplement écouter, entendre, sans forcément vouloir tenter de résoudre ce que l’on m’expose (car en général il s’agit de questionnements embarrassant mon interlocuteur…). Et à bien y réfléchir, parce que ça m’a été judicieusement expliqué, tout en douceur pour ne pas braquer mon côté buté (pour ça il faut avoir bien cerné les humeurs de la donzelle !), j’admets ce soir, avec humilité, que dans ces cas-là, je ferais mieux de me la fermer !!!

Une suggestion néanmoins : on pourrait me dire pour changer, vu la photo et la définition, que je suis un vrai chabot ! Je comprendrais… 

avoirunetetedepioche.jpg

 

 



Sur l’Amitié

( Perso... )

L’Amitié est une des composantes de notre équilibre. Si on la perd, forcément, on se sent mal… Il est curieux de voir comme nous pouvons tisser des liens différents avec nos amis, privilégiant telle ou telle facette de notre personnalité.

Mais connaissons-nous véritablement nos amis ? Et nos amis nous cernent-ils entièrement ? Pas sûr ! Ainsi, hier, échangeant avec l’une d’elles, je m’aperçois qu’elle n’a pas saisi une part de ce que je suis au fond, qu’elle ne connaît pas un point qui est pourtant une de mes plus grande fragilité… Que je pensais évidente et qui, de fait, ne l’est pas… Sa remarque a fait écho à celle d’une autre amie, il y a quelques mois…

Dès lors, je me demande pourquoi… Pourquoi n’ont-elles pas perçu cela en moi ? Est-ce parce qu’avec elles je suis en totale confiance ou bien alors est-ce parce que ça fait partie de mon jardin secret, et que je ne souhaitais pas qu’elles le remarquent ? Ou bien encore, peut-être, ai-je si bien oeuvré à masquer cette vulnérabilité qu’il m’est plus facile de tenter de l’ignorer ?

Que souhaitons-nous être face à nos amis ? Qui voulons-nous être ? Là encore, l’inconscient nous joue des tours, il me semble ! Car, s’il est des personnes avec qui nous pouvons nous autoriser à être nous-mêmes sans risquer de nous ramasser, quand nous savons qu’ils sont là pour nous et nous pour eux, c’est bien auprès d’eux : les Amis !



Prendre le temps

De nos jours, nous ne savons plus prendre le temps… La société nous conditionne pour que nous soyons toujours « timés », « surbookés », voire « overbookés »… Le matin, lever avec petit dej’ rapide (nous ne prenons plus le temps de nous poser, jonglons entre le café et les préparatifs de la journée), oeil traînant sur l’horloge (de quoi nous rendre strabiques divergents, mais divergents nous le sommes puisque nous devenons de plus en plus multitâches !)… Puis la course pour emmener les enfants à l’école, être à l’heure au travail, emmener la voiture chez le garagiste en trouvant le moyen de faire un crochet chez le dentiste, etc… Nous rentrons sur les nerfs,usés par tant de pression, mais ce n’est pas fini : il faut enchaîner sur les devoirs, la bouffe, les corvées ménagères…

OUF ! L’heure du calme arrive, tardivement, mais nous trouve tellement éreintés que nous n’en profitons pas… Pas pleinement !

Le problème, c’est que nous sommes tellement dans ce rythme effréné que nous ne savons plus prendre le temps : nous nous créons des obligations, des contraintes horaires, et cela retentit, invariablement, sur notre psychisme. Ainsi, si dans notre vie nous rencontrons une difficulté passagère, nous allons vouloir en trouver la solution, quasi-immédiatement. Et nos proches ont beau nous dire que justement, pour ça, il y a le temps, que rien ne presse car rien n’est urgent, nous allons nous escrimer à vouloir résoudre ce souci, parce qu’il FAUT aller vite ! Nous finissons ainsi de nous stresser pour des petits riens qui se résolveraient d’eux-mêmes (j’en suis certaine), si nous ne leur accordions pas plus d’importance qu’ils en ont ! Je crois de surcroît que l’arrivée des communications multimédias renforce cette pression, car au moindre questionnement, nous nous ruons sur les moteurs de recherche pour trouver les réponses qui, parfois, souvent, se trouvent en nous : il suffirait juste de s’accorder du temps, de laisser couler et de lâcher prise, pour que les nuages gris se dispersent.

Alors, moi,  je le dis : et si nous nous déconditionnions ??? Et si , tout simplement, on laissait le temps au temps ?…



Ex-caetera…

Inspiration subite à la lecture d’un com de l’Etre…

Les « ex »… Beurk ! Comme je déteste la formule ! Combien de fois ai-je entendu « j’ai croisé mon « ex »", « je me suis pris la tête avec mon « ex »"… Ce qui me vient instantanément quand j’entends ça, c’est qu’il fût un temps où l’ »ex » en question avait un prénom, voire un petit surnom (ridicule parfois, pas vrai ? :  »mon chou », « mon bébé », et j’en passe…)…

Certes, vient ce temps où l’amour se disperse dans des vortex insoupçonnés, et si par hasard nous subissons l’éloignement définitif, la pilule est amère, on l’a mauvaise ! On souffre, on pleure, on se dit que plus jamais on ne retrouvera ça, on aime et on hait, même syndome paraît-il !!!

Alors, qu’en est-il de nos « ex » ? Je crois qu’il existe différentes « espèces » d’ »ex » !

 Je m’explique :

1 – Il y a l’ »ex » que l’on épouse parce qu’on pense que jamais plus on ne rencontrera homme qui nous conviendra mieux, sauf que peu à peu les liens se distendent, la réalité s’impose dans toute sa grandeur, on réalise, au final, que le prince charmant ressemble à celui de Téléphone (écouter http://www.youtube.com/watch?v=jmvt4B8rK2U, groupe adoré… de ma jeunesse, mais oui, qu’il est bon !!!)…

2 – Et puis l’ »ex » qui dure un peu et qui vous plaque un beau matin, pour des raisons plus ou moins valables, on s’en fiche, on souffre !

3 – Reste l’ »ex » que l’on fout dehors un beau matin de décembre parce que ça va hein ! Je t’ai trop vu !!! T’es nul partout et ça fait déjà trop longtemps que je te supporte…

Reprenons :

- Dans le cas de « 1″, bien souvent il est le père de nos enfants, il mérite donc de conserver son prénom (mais non, pas le surnom débile (ou non ! ), faut pas pousser ! ). Cet homme, il a compté c’est sûr, c’est en lui que l’on a cru et en lui que nous avons posé nos espoirs les plus fous… Alors on l’observe, on le regarde avancer dans sa vie sans nous… Il va ou non commettre encore les mêmes erreurs, avec le même genre de personne que ce que nous sommes… C’est difficile de s’éloigner de ce qui nous attire, pour des raisons semi-conscientes ! Parfois, si on a gardé de bonnes relations, on va s’amuser à le faire parler, à savoir ce qu’il vit, à analyser… Ce qui nous intéresse, au fond, c’est « qui » va nous remplacer ! Avec un peu de chance, et puis de destin (!), on va bien s’entendre avec l’ »actuelle », parce que quand même, y’a comme un fond qui nous ressemble, tout ne peut être différent !!!!!!!!!!!! Et alors, on est heureuse pour lui, il a trouvé quelqu’un de « bien » ! C’est sûr !!!!

- Dans le cas de « 2″, il faut le temps de digérer l’échec, au départ on reste proches et puis un jour, on s’aperçoit qu’on a tourné cette page-là aussi, qu’on n’a plus envie de lui parler, on sait ce qu’il nous a apporté, on sait aussi ce qui nous nuit ou ne nous convient pas… On ne le déteste pas puisqu’il n’a jamais voulu nous faire de mal, mais on n’a plus envie, c’est tout !

- « 3″… « 3″ est celui qui mérite d’être taxé d’ »ex »… « 3″, on n’en peut plus, il nous a gavé de ce qu’il était, on s’est interrogé sur le bon moment pour le bouter hors de chez nous, hors de notre vie, et le jour où, enfin, l’occasion se présente, on la saisit, on s’en empare… Et là, BONHEUR ! Pas une once de douleur, pas un soupçon de regret… Le soulagement est là, intense !!! Alors s’il s’avise à nous faire signe, on s’ingénue à ne pas avoir eu le message, à répondre au plus vite… Bref, cet « ex »-là, nous le savons, n’a été qu’un leurre, un pansement…

Ce qui est instructif, lorsqu’on a vécu un peu, c’est de s’interroger à chaque fois sur « qui » l’on veut dans notre vie, sur « comment » serait notre idéal….

Et le côté magique de l’histoire, c’est qu’à pointer l’idéal, on pense qu’il n’existe pas, et soudain, il apparaît, presqu’irréel mais bien humain, à ce moment fou où on ne l’attend plus… Alors, on se dit : « j’ai trouvé enfin mon ex-calibur » ! Celui qui a l’épée sacrée qui va enfin nous permettre d’être et de lâcher ! (Bon sans commentaire pour le final  c’est du n’importe quoi, je sais !!! Quoi que…, et puis si on peut plus se marrer !…).

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Faire mal par le pouvoir des mots

( Perso... )

Parfois sans le vouloir nous faisons mal, et c’est le pire qui puisse arriver, car nous blessons malgré nous des êtres que nous aimons, qui sont pour nous des points d’ancrage, de ceux sans lesquels nous aurions du mal à vivre vraiment, à avancer…

Ainsi hier, pensant bien faire, j’ai blessé ce quelqu’un qui m’est cher… Je ne peux dire que mes mots ont dépassé ma pensée, puisque je l’ai justement exprimée… Mais, avec mon envie de faire avancer vers un mieux-être cette personne, je l’ai vue s’effondrer, pas prête à entendre ce que j’avais à dire ! Alors ? Alors ! Je me questionne bien sûr ! Pourquoi ? Pourquoi ne l’ai-je pas senti ? Peut-être parce que nous nous connaissons depuis peu, peut-être parce que j’ai pensé qu’il était prêt à entendre et que je me suis trompée (l’erreur est humaine !)… Ce que ça m’inspire aujourd’hui, outre mon sentiment de mal-être légitime et consécutif à ce qui s’est passé, c’est que sa fragilité n’en était que plus belle puisque masculine, cet homme s’autorise à craquer, ce qui reste rare même si cela est plus courant de nos jours… Mais c’est aussi, sans aucun doute, un questionnement sur le pouvoir des mots, que l’on ne mesure pas toujours…

Morale de l’histoire : la parole est d’argent et le silence est d’or (pas toujours mais dans cette situation, oui !)…

Et toi qui me liras : tu m’es précieux, tellement précieux…



ANOREXIE

Toi, grande dame destructrice qui emporte tout sur ton passage, tornade des plus violentes qui soient, qui arrache la vie des corps, qui détruit la pensée en même temps que les liens… Tu portes en toi le mal le plus sournois… Si par malheur on croise ta route, tu te feras un malin plaisir de laisser tes traces indélébiles…

Eux, elles, victimes ciblées qui ne te soupçonnent pas…

Car à t’observer oeuvrer, on sent bien que tel un cyclone, tu te formes insidieusement, mélange d’airs chauds et froids, tu te mets à tourbillonner dans les pensées, ton oeil tourné vers ton objectif : la destruction massive ! Au départ, un mot maladroit, un reproche, une blessure en apparence superficielle, un geste trop violent, qui vont se gangrener, s’étendre jusqu’à devenir obsédants ! Cela peut prendre des semaines, des mois, avant que l’on s’aperçoive que ce coup de vent s’est transformé en tempête… A ce stade, on ignore encore que tu n’en es qu’au début de tes ravages… Tu as pris le temps de t’installer dans leurs cellules grises, maintenant que tu es là, délivrant par ton haleine chaude le poison qui te constitue, tu vas, enfin, pouvoir t’approcher des côtes et te montrer à visage découvert…

Il est déjà trop tard !

Entre temps, les corps que tu habites ont maigri, trop vite, les assiettes remplies ne sont pas vidées, ne se remplissent même plus, les mots prononcés sont de plus en plus acerbes, comme si ces corps vomissants devaient cracher la bile qu’ils se fabriquent, par quelque moyen que ce soit. L’entourage commence à s’inquiéter, tente de raisonner la pensée que tu as saccagée, mais personne encore n’a perçu ta présence, on pense à une mauvaise passe, à un régime mal suivi, mais jamais, jamais à toi !

Tu prends de l’ampleur, ta colonne s’est formée, solide, tourbillonnante et massacrante… C’est le moment de la consultation médicale, du verdict : les corps sont désormais décharnés, mais animés d’une énergie sans faille, car pour mieux agir, il te faut les forcer à s’épuiser physiquement… C’est là que tu commences à t’attaquer aux réseaux, isolant tes victimes, les coupant de leur monde malgré eux, laissant leurs âmes en friche et emportant sur ton passage leur entourage inquiet qui n’ose plus intervenir… Tout, maintenant, tourne avec toi, dans ton socle de débris… Tu es cette grande dame égocentrique et tu le leur rappelles, sans cesse, à chaque repas, à chaque échange… Tu les as avilis, les cerveaux que tu as dévastés et tous ceux qui gravitent autour… Tu es le Mal et tu le fais savoir !

On parle de maladie…

Les médecins te nomment, enfin ! Mettent leurs corps sur un lit d’hôpital pour tenter de t’aveugler, de t’amenuir, les éloignent de leur famille et de leurs amis, impuissants. Tu t’affaiblis, mais tu luttes encore… Ca va durer longtemps, tu es résistante. Tu ne capitules pas comme ça. Parfois, tu gagnes et tues, pas toujours, heureusement.

Mais quoi qu’il se passe, tu laisseras les traces de tes violences, ancrées dans les pensées de tous, car lorsqu’on t’a côtoyée, jamais on ne t’oublie… Ce n’est pas pour rien qu’on te dit MENTALE, moi je te dis fatale… ANOREXIE.



Savoir dire non

Il y a quelques années nous avions créé un groupe d’analyse de la pratique supervisé par une psy (notre psy)… Lors de ces groupes nous devions convenir d’un sujet, que nous développions d’abord ensemble, puis une à une devant notre thérapeute, pour au final mettre en commun les dires de chacune. Un soir, donc, (car ces séances avaient lieu de 20h à 22h – en soirée, on s’invite plus facilement à la confidence – …) nous voilà parties sur « Comment dire NON ! » ! Le débat a vite viré au « Savoir dire NON ! » (car comment dire si l’on ne sait pas ?)…

Soirée surprenante s’il en est… Nous étions un groupe de 5 collègues-amies (nous nous connaissions depuis peu mais l’entente fût immédiate), 4 orthophonistes et une orthoptiste (que j’embrasse au passage, vous vous rappelez les filles ?). Cinq nanas, chacune très différentes mais avec ce point commun qui nous lie toutes : l’écoute bienveillante de la différence et la tolérance…

Nous voilà donc lancées sur la pente du « savoir dire NON !« , chacune citant à qui mieux mieux ses facilités ou difficultés à s’affirmer face à certains patients qui le méritent bien…

Première leçon : Il est difficile de savoir dire non ! Bon, là, on est toutes d’accord ! UNANIMITE !

Et puis vient le tour à tour en solo avec notre chère psy, qui, comme à chaque fois, pose LA question qui tue ! Cette fois-ci, la question était : « et en privé, tu sais dire non ? »… Bon bon bon (pas fière), ben non, je sais pas bien dire non, ni en pro ni en perso (enfin un peu quand même mais vraiment, faut que je sois à bout !)…

Poursuivons : Nous avons une seule et même nature (nous sommes des femmes), mais suivant notre fonction (professionnelle, femme, mère…) on sait ou ne sait pas dire non !

 

Deuxième leçon : Le « savoir dire non » varie suivant notre fonction d’être humain !

Ah ?! Intéressant ! Développons : Ne parlons pas de mon cas qui est plutôt homogène, mais de cette amie-là qui nous fit l’effet d’une bombe ! Elle, fraîche, dynamique, souriante, l’ortho-ptiste (pas la -phoniste), que nous nous étions toutes mises à charrier gentiment, revient de son entretien solo toute pétillante ! Effectivement nous avions passé une bonne partie de la soirée, gonflées à bloc, à lui dire que s’il y en avait une qui ne SAVAIT pas dire « NON ! », c’était bien elle, qui travaille 6 jours sur 7 et 12 h par jour !! « Alors, hein, si toi tu sais dire « NON ! », nous, tu parles, on se pose même plus la question !!! » Mais comme dit le proverbe : « tel est pris qui croyait prendre », c’est la leçon que nous allions en tirer, les -phonistes, toutes penaudes…

Car nous oubliions toutes un « léger » détail : nous parlions de sa fonction professionnelle, nous ne nous étions pas tournées une seule seconde sur sa fonction de femme… Et là, surprise ! Ce petit bout de femme, incapable de refuser une consultation, se révélait être une maîtresse-femme à la maison, qui maîtrise parfaitement l’art et la manière de dire « NON !« .

Bien sûr, si je raconte ici cet épisode, c’est que nous sommes rentrées ce soir-là, nous les -phonistes, bien songeuses, alors que notre -ptiste avait un air triomphant ! Cela pose question, car au fond : quand et pourquoi sait-on dire  »NON !«  ? C’est le vrai fond du problème !

A quoi tient ce « NON !«  ? S’agit-il de mise en confiance, de degré de considération, de timidité, de peur de se montrer tel que l’on peut être, de révéler une nature qui pourrait gâcher l’image que nous montrons ? Pourquoi sommes-nous capables de dire « NON ! » sur certains plans et pas sur d’autres ? Il me semble que la réponse se trouve quelques lignes plus haut, dans le mot employé sciemment : s’affirmer ! Lorsque nous sommes dans une situation où l’on connait les attentes de nos interlocuteurs, aller à l’encontre de ces dernières demande de s’imposer, de savoir dire que nous ne sommes pas d’accord, que nous nous confrontons à leurs souhaits, nous nous exposons à la frustration, qu’elle soit privée ou professionnelle. Alors, suivant notre caractère, il est plus facilement possible de s’ancrer sur une facette plus que sur une autre (ou sur aucune d’entre elles (ou sur chacune d’elles) suivant ce que nous sommes)…

La conclusion de ce billet est simple : cela nous ramène encore une fois à notre « moi » intérieur, à ce que l’on est capable ou non d’endurer, d’accepter, et donc, logiquement, à ce que notre enfance a forgé ou a laissé en friche (et également avec une conscience de ce que sont les relations interpersonnelles)… Avec toujours, en pensée positive, la certitude que tout peut s’apprendre, que tout peut changer… Alors je vous pose la question à mon tour : « Et vous, vous en êtes où ? » Pas si facile de répondre à ça, n’est-ce pas ?…

Quant à « Comment dire… ? », cela relève d’un autre billet, que peut-être je développerai un jour !

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